Nous sommes heureux de vous faire découvrir une précédente édition Brief.science, le média qui explique la science avec rigueur et curiosité. Déjà convaincu(e) ? Rejoignez dès maintenant nos abonnés.
Brief.science — Emailing

Dans Brief.science cette semaine, on vous explique l’érosion côtière, on vous étonne avec des plantes qui poussent dans le sol lunaire et on vous raconte la découverte de la pression atmosphérique.

brief.science|
écouter l’éditionÉcouter l’édition
16 mai 2022

Dans Brief.science cette semaine, on vous explique l’érosion côtière, on vous étonne avec des plantes qui poussent dans le sol lunaire et on vous raconte la découverte de la pression atmosphérique.

decoration

Doses de science
TROU NOIR

Jeudi dernier, des astronomes ont dévoilé la première image de Sagittarius A*, le trou noir situé au centre de notre galaxie, la Voie lactée, à 27 000 années-lumière de la Terre. L’image a été produite par l’Event Horizon Telescope, une équipe de recherche mondiale, à partir des observations d’un réseau de huit radiotélescopes. Bien qu’il ne soit pas possible de voir le trou noir lui-même, un anneau de lumière l’entoure, courbé par sa très forte gravité. L’étude ayant permis de reconstituer l’image est publiée par la revue scientifique The Astrophysical Journal Letters.

Image lienVoir une photo du trou noir.
séparateur
MICROPLASTIQUES

Une étude anglaise publiée dans la revue Environmental Pollution le 6 mai montre que les boues issues des stations d’épuration et utilisées comme engrais sur les sols agricoles contiennent de nombreux microplastiques d’une taille d’un à cinq millimètres. Selon les auteurs, entre 31 000 et 42 000 tonnes de microplastiques sont épandues chaque année sur les sols européens, ce qui fait de ces sols l’un des plus grands réservoirs mondiaux de pollution aux microplastiques. Comme les chercheurs n’ont pas analysé les matériaux d’une taille inférieure à 1 mm, les concentrations globales sont probablement plus élevées que leurs estimations. Il n’existe pour l’instant aucune législation européenne qui limite les microplastiques dans les boues d’épuration.

séparateur
YEUX

Des scientifiques américains ont ranimé des neurones sensibles à la lumière dans les yeux d’un donneur décédé quelques heures auparavant, selon une étude publiée dans Nature le 11 mai. Les neurones s’éteignent très rapidement après la mort en raison du manque d’oxygène. À l’aide d’un appareil spécialement conçu, les chercheurs ont stimulé la rétine des yeux du donneur et restauré une activité électrique des neurones. Cette approche démontre qu’il est possible de ranimer des neurones du système nerveux central (la partie du cerveau qui comprend la moelle épinière).

séparateur
MÉTAUX

Des scientifiques ont créé un outil appelé « condenseur catalytique » ayant pour but de transformer les propriétés de l’aluminium pour qu’il adopte certaines caractéristiques de métaux précieux (palladium, platinum, rhodium, etc.). Selon les chercheurs, cet outil peut permettre à l’aluminium, un métal commun, de remplacer des métaux rares utilisés pour accélérer des réactions chimiques, par exemple dans les pots d’échappement, et dont l’extraction est nocive pour l’environnement. Le dispositif consiste à ajouter ou enlever des électrons aux atomes d’aluminium, imitant ainsi les propriétés d’un autre métal. Leurs résultats ont été publiés le 7 mai dans le journal de l’American Chemical Society.

Image lienLire un article du média Trust My Science sur le sujet.

décoration

À la loupe
L’érosion côtière

L’érosion côtière est un phénomène naturel qui touche tous les types de littoraux. Un cinquième du littoral français est soumis à l’érosion. Ce phénomène est aggravé par le réchauffement climatique et l’activité humaine. Les conséquences peuvent être dramatiques pour les populations vivant en bord de mer.

Pourquoi on en parle
 

Le 30 avril, le gouvernement français a publié au Journal officiel les noms des 126 communes, en métropole et dans les outre-mer, les plus exposées à court terme à l’érosion du littoral. Ces communes se situent en majorité en Bretagne (41), en Nouvelle-Aquitaine (31) et en Normandie (16). Les maires des villes concernées « devront établir un plan de prévention des risques littoraux et une carte locale d’exposition de leur territoire au recul du trait de côte », explique le gouvernement dans un communiqué. Ces cartes serviront de base à de nouvelles règles d’aménagement du territoire. Les nouvelles constructions sont interdites (sauf exception) dans les zones exposées à la montée des eaux d’ici 30 ans. Quant à celles qui seront touchées dans 100 ans, elles restent constructibles, mais avec une obligation de démolition lorsque la menace sera trop forte.

En schéma
 
Schéma à la loupe
L’explication
 
Un phénomène naturel

L’érosion des côtes est un phénomène naturel responsable de l’abaissement des plages et du recul des dunes et des falaises. En France, près de 18 % du trait de côte est en recul (hors Guyane), selon le Cerema, un établissement public sous la tutelle du ministère de la Transition écologique. L’érosion est causée par de multiples facteurs comme l’action des vagues, le vent et les tempêtes côtières. Ces événements creusent la plage en emportant d’importantes quantités de sable au large et créent des encoches à la base des falaises, qui provoquent des effondrements ou des glissements de terrain. Les falaises reculent sans cesse sous l’effet de la mer et du vent. Mais l’érosion n’est pas toujours irréversible. Les plages, dunes, galets et estuaires s’érodent fortement l’hiver à cause des tempêtes avant de retrouver une partie de leurs sédiments grâce à l’apport de sable par les vents, courants et vagues au retour du beau temps.

Une problématique mondiale

L’érosion côtière est un phénomène mondial. 24 % des plages sablonneuses de la planète, soit environ 80 000 km de littoral, ont reculé entre 1984 et 2016, à des vitesses supérieures à 50 cm par an, selon une étude parue en 2018 dans la revue Scientific Reports. Les côtes sableuses ou de galets sont les plus touchées par l’érosion en raison d’une pénurie en sable et galet. Cette pénurie est en partie causée par le non-renouvellement et l’épuisement progressif des stocks de sédiments formés lors de la dernière période glaciaire. À cette époque, les alternances de gel et de dégel ont causé la fracturation des roches continentales, produisant le sable et les galets que l’on retrouve sur nos plages aujourd’hui. Le sable est actuellement la seconde ressource naturelle la plus exploitée après l’eau pour son utilisation dans la fabrication du béton.

L’impact humain

L’occupation humaine de la zone côtière intensifie le phénomène naturel d’érosion. En France, la densité de population sur les côtes est 2,5 fois plus élevée que la moyenne nationale, avec une tendance à la hausse, selon le ministère de la Transition écologique. Les divers aménagements côtiers (digues, murs, quais, jetées, etc.) fixent ou avancent artificiellement les côtes et perturbent les échanges sédimentaires naturels du littoral, accentuant l’érosion des plages. L’édification des barrages fluviaux limite les apports de sables et graviers qui viennent des terres au niveau du littoral. En provoquant une élévation du niveau de la mer, le changement climatique contribue également au recul du trait de côte. Le niveau moyen des mers a augmenté de 16 cm entre 1902 et 2010 à cause du changement climatique, selon l’Observatoire national sur les effets du réchauffement climatique, un organisme public. Ce phénomène risque de s’intensifier avec l’aggravation du réchauffement.

Les conséquences de l’érosion en France

Le littoral français est en recul sur 650 km, dont 270 km, selon le ministère de la Mer. Ce phénomène d’érosion menace les habitations et les infrastructures construites à proximité du littoral. Entre 5 000 et 50 000 logements sont menacés par l’érosion côtière, selon le ministère de Transition écologique. L’accès à certaines parties du littoral est interdit à cause du risque de chutes de blocs en pied de falaise. L’érosion augmente les risques d’inondation, les plages et les dunes constituant des défenses naturelles contre les submersions marines. En 2012, l’État a mis en place une « stratégie nationale de gestion intégrée du trait de côte » pour aider les territoires littoraux à s’adapter à l’érosion côtière. Cependant, selon le Cerema, si 18 % des côtes sont en recul, 12 % avancent, sous l’effet de l’aménagement urbain (ports, digues, etc.) et de phénomènes naturels.

décoration

Pour aller plus loin

Image lien Un documentaire du CNRS et du BRGM sur l’érosion des côtes françaises.
Image lien Un article de The Conversation sur l’écroulement des falaises.
facebooktwittermail

decoration

C’est étonnant
Des plantes ont poussé dans le sol lunaire
Image c'est étonnant
Plantes d’Arabidopsis six jours après la plantation des graines. Les quatre pots à gauche contiennent des plantes poussant dans un simulant de sol lunaire. Les trois de droite contiennent des échantillons de sol lunaire récolté lors des missions Apollo 11, 12 et 17. Crédit photo : UF/IFAS par Tyler Jones.

Dans une étude publiée dans la revue Communications Biology le 12 mai, des scientifiques américains ont montré que des plantes pouvaient pousser sur le sol lunaire, un sol radicalement différent de celui sur Terre. Les chercheurs ne disposaient que de 12 grammes – quelques cuillères à café – de sol lunaire ramené des missions Apollo 11, 12 (1969) et 17 sur la Lune (1972). Ils ont rempli des pots de la taille d’un dé à coudre avec un gramme de sol lunaire et y ont planté des graines de la plante Arabidopsis. À leur surprise, presque toutes les graines ont germé et poussé. Cependant, la croissance était plus lente que sur le sol terrestre et leurs morphologies plus petites et variées, attestant une adaptation des plantes face à la nouvelle composition chimique du sol. Selon les auteurs, d’autres études devront être menées pour trouver des moyens de favoriser leur pousse pour de futures missions spatiales vers la Lune.

facebooktwittermail

décoration

Sur nos radars
EMPREINTES DIGITALES

Faites-vous confiance à vos empreintes pour déverrouiller votre téléphone ? Dans une vidéo, la vulgarisatrice Viviane Lalande de la chaîne YouTube Scilabus tente de falsifier ses propres empreintes digitales pour accéder à son téléphone. Elle explique avec pédagogie et de nombreux visuels comment les lecteurs d’empreinte fonctionnent et ce qui rend nos empreintes digitales uniques.

PARADE NUPTIALE

Le paradisier superbe, une espèce d’oiseaux vivant en Nouvelle-Guinée, adopte un comportement très original pour séduire les femelles. Dans un extrait du documentaire « Birds of paradise » diffusé par Netflix, l’oiseau fait le ménage pour libérer une « piste de danse », effectue une révérence puis déploie son plumage et se met à virevolter sous l’œil attentif de la désirée.

ALCOOL

« Un verre de vin par jour, c’est bon pour la santé ! » Cette affirmation qu’il vous arrive peut-être d’entendre est aujourd’hui remise en cause par de nombreuses études. Entre risque cancérigène et intérêts économiques, Mickaël Naassila, professeur de physiologie et Thomas Gauthier, vidéaste et vulgarisateur québécois, s’attaquent au « French paradox » dans une vidéo humoristique du Blob, l’extra-média, un média de culture scientifique.

décoration

C’était il y a… 376 ans
Mise en évidence de la pression atmosphérique

En 1648, le physicien et philosophe français Blaise Pascal démontre l’existence de la pression atmosphérique (la force exercée par l’air à la surface de la Terre). Il reprend une expérience du physicien italien Torricelli. Dans celle-ci, l’expérimentateur retourne un tube rempli de mercure et le plonge dans une cuve contenant également du mercure. Le mercure du tube tombe en partie dans la cuve, laissant un espace vide en haut du tube, mais s’arrête de couler à partir d’une certaine limite. Blaise Pascal en déduit que l’air extérieur « pèse » à la surface de la cuve, empêchant le mercure du tube de descendre au niveau de celui de la cuve. Plus l’air est dense, plus le mercure reste haut dans le tube [voir un schéma du dispositif]. Pour vérifier son hypothèse, Blaise Pascal mesure la hauteur du liquide à deux endroits : à Clermont-Ferrand et en haut du Puy-de-Dôme, en altitude. Dans ce dernier lieu, l’air se faisant plus rare, le mercure du tube descend plus bas. Il prouve ainsi que l’air exerce une pression et que celle-ci dépend de l’altitude.

Image c'était il y a
Expérience du Puy-de-Dôme sur la pesanteur de l’air. Crédit photo : gravure colorisée extraite de Les Merveilles de la science (tome 1), paru en 1867.
facebooktwittermail

C’est ici que votre pause scientifique de la semaine s’achève. On vous souhaite une bonne semaine à prendre soin de vos plantes.


Cette édition a été confectionnée par Morgane Guillet, Imène Hamchiche et Laurent Mauriac.

Vous appréciez Brief.science ?
Rejoignez dès maintenant nos abonnés pour recevoir chaque lundi nos éditions qui expliquent la science et les dernières découvertes.
Je m’abonne